Abolir la propriété privée

«On semble en somme incapables de penser au-delà du cadre marchand, à l’intérieur duquel on oppose nécessairement les propriétaires et les locataires ; incapables de penser la ville comme un milieu de vie et le logement comme un droit. On se cramponne plutôt à l’idée que l’immobilier est une source d’enrichissement légitime pour les propriétaires, et une faveur consentie aux locataires. Le logement est pourtant un enjeu de participation démocratique et de dignité humaine. Et tant qu’on acceptera d’en parler comme d’un objet d’investissement, et d’aborder le prix des loyers comme celui de n’importe quel bien, il sera impossible de régler la crise du logement et d’offrir des conditions de vie décentes au plus grand nombre.»

Dans cet article, Aurélie Lanctôt soulève un problème structurel persistant qui mérite d’être approfondi et remis en cause : le rapport fondamental que nous entretenons avec le territoire; celui de la propriété privée, de la «possession».

À ce sujet, «l’aménagement du territoire» obéit à des logiques de domination perpétuées depuis des siècles par l’entité légale qu’est la «propriété privée»; une construction anthropique qui accentue systématiquement les inégalités en opposant les propriétaires aux occupants, l’activité lucrative à celle dite non lucrative. Le problème structurel est alors que l’ensemble des réglementations sont constituées de manière à favoriser les projets privés à but lucratif.

En ce sens, promoteurs, commerçants, entreprises, restaurateurs, et particuliers (privilégiés) accèdent sans problème à la propriété privée puisque le modèle organisationnel leur permet de faire fructifier leurs investissements, soit par la vente de produits à profit, soit par les processus de spéculation qui engendrent une élévation perpétuelle de la valeur marchande des terrains.

Or, dès qu’un organisme ou un individu s’inscrit dans un objectif ou une mission à but non lucratif (le soin, le partage, la collaboration, la régénération, l’autonomisation, etc.), il est systématiquement désavantagé puisqu’il ne répond pas aux impératifs économiques du marché, c’est-à-dire la création infinie de valeur économique «marchandisable». Il doit alors se plier à la dictature des propriétaires terrestres et des politiques qui les avantagent.

Pour relancer Mme Lanctôt, on pourrait affirmer que tant et aussi longtemps que les entités légales prédominantes qui nous rattachent au territoire sont des propriétés privées, nous serons complètement à la merci des logiques spéculatives et donc, de ceux qui possèdent le plus de Capital.

Si nous souhaitons réellement remédier à ces problèmes structurels et envisager un rétablissement social et écologique, abolissons la propriété privée et favorisons des modes d’occupation territoriaux sans but lucratif voué aux pratiques régénératrices.

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