La vision Chaudière: un écocide annoncé

L’anthropocentrisme: une menace pour le vivant

Dans son «portrait du territoire» concernant le développement du secteur Chaudière1, la ville de Québec expose une analyse caractérisée par l’ignorance du vivant, la domination de l’humain sur le non-humain et l’abstraction des réalités biophysiques du monde; une analyse totalement anthropocentrique.

D’abord, les quatre grands thèmes présentés dans le document sont les suivants: «activités et vocation», «cadre bâti et aménagement du domaine privé», «mobilité et déplacements» et «aménagement des rues et des espaces verts ou publics». On y parle notamment, sous la forme de points très peu élaborés, de la prédominance des tissus génériques, diffus et monofonctionnels de la banlieue, des espaces dédiés à une consommation de masse mondialisée (IKEA et «powercenter») et de l’étalement urbain en cours (domaine le Gendre).

Dans le document de 32 pages, on présente une analyse des tissus limitrophes, des images génériques de ce que pourrait être un milieu humanisé orienté sur la consommation, des schémas d’aménagement insignifiants montrant de grandes zones colorées et un portrait pathétique de la mobilité exposant le caractère autocentré des milieux limitrophes. Mais jamais on ne mentionne ce qui compose les boisés et les friches, ces lieux de biodiversité que la ville nomme «espaces vacants» ou «grands terrains non occupés à leur plein potentiel». Ce document est plutôt l’annonce d’une expansion des milieux humanisés au détriment des milieux dits «naturels»; le prolongement des milieux urbanisés; l’étalement urbain.

Ignorance ou malhonnêteté?

En fait, sur 32 pages, une regroupe les noms de cinq parcs du secteur et une autre annonce une intention «d’aménager» des «espaces verts» consacrés au divertissement des humains qui habiteront le secteur Chaudière. On annonce que les boisés seront humanisés (aménagés). Et c’est la seule attention portée à ces lieux de biodiversité. Pourtant, les espaces végétalisés abritant une biodiversité constituent plus de 80% des superficies concernées par les transformations (figure 1). Ce n’est donc pas parce qu’on fait abstraction d’un boisé sur une représentation graphique qu’il n’existe pas (figure 2). Une représentation aussi simpliste du lieu témoigne simplement de la pauvreté de l’esprit qui l’a dessiné.

Figure 1. Secteur Chaudière concerné par les transformations: un espace majoritairement occupé par une faune et une flore indigène.

Figure 2. Représentation graphique du secteur Chaudière: le blanc comme abstraction des réalités biophysiques du lieu.

Établir un portrait honnête du secteur concerné par les transformations reviendrait alors à établir une liste des espèces vivantes qui habitent le milieu: flore, faune, insectes et microbiologie. Pourtant, hormis sa présence sur quelques photos annonçant son ravage, cette biodiversité brille par son absence. N’est-ce pas là une preuve suffisante du manque total de respect qu’exprime l’administration municipale envers le vivant? Elle ne considère simplement pas son existence.

Et, comme démonstration flagrante du mépris qu’ont les fonctionnaires envers les communautés biotiques, on ose qualifier une friche de «terrains vacants» (figure 3), comme si la seule raison d’être de ce sol était d’accueillir une construction anthropique. Ainsi, pour cette mentalité de colon capitaliste qui accapare le vivant pour satisfaire ses propres intérêts, le sol est «vacant» jusqu’à ce qu’une construction lucrative y soit érigée.

Figure 3. Des «terrains vacants» qui sont l’habitat d’une faune, une flore et une microbiologie indigène. Source: Ville de Québec, 2020. Vision – Secteur Chaudière: Portrait du territoire

Mais ce vocabulaire réducteur n’est que la pointe de l’iceberg. Dans le document qui témoigne d’un esprit administratif complètement limité, on peut lire l’énoncé suivant concernant les potentiels d’expansion du cadre bâti: «[p]eu de contraintes d’insertion étant donné les vastes étendues disponibles»2. Autrement dit, pour les fonctionnaires de la ville de Québec, un espace de biodiversité est un espace que l’humanité peut ravager sans contraintes et sans scrupules. Mais n’est-ce pas précisément ce type de raisonnement dangereux qui nous a menés à une extinction de masse et un effondrement des écosystèmes? Détruire le vivant pour satisfaire les besoins insatiables de l’humanité, c’est le propre de l’Anthropocène.

Ceci n’est pas un TOD, c’est un écocide

Enfin, annoncer un TOD pour justifier le ravage d’un milieu boisé et de sols potentiellement fertiles est un exercice d’une profonde malhonnêteté intellectuelle.

Un tramway est une infrastructure sur rails qui devrait servir à consolider la desserte des transports collectifs dans les milieux déjà humanisés afin de réduire drastiquement l’utilisation de la voiture tout en desservant un plus grand nombre de personnes possibles. Et le TOD devrait servir à faciliter le passage d’un mode de transport collectif à l’autre dans un milieu donné, en priorisant toujours la marche.

Or, dans le cas du secteur Chaudière, le tramway ne peut pas servir à l’implantation d’un TOD puisque le milieu bâti est pratiquement inexistant. Urbaniser en détruisant un boisé pour ensuite qualifier le nouveau secteur de «TOD» est plutôt simpliste. L’usage de ce mot apparaît alors comme une nouvelle tentative de «greenwashing» (après l’échec lamentable des «écoquartiers») servant à faire avaler le ravage d’un lieu de biodiversité aux groupes soi-disant environnementaux de Québec.

Le passage du tramway dans le secteur n’est rien d’autre qu’un levier pour la spéculation foncière, un justificatif pour le ravage des milieux naturels et une opportunité d’étalement urbain servant à faire augmenter le revenu foncier de l’administration publique. Il faudra expliquer à nos enfants que c’est parce que les arbres ne payaient pas de taxes que nous les avons massacrés alors que nous savions très bien qu’ils contribuaient au maintien de nos propres conditions d’existence.

Bref, nous vivons à une époque de fragilité où l’humanité a trop empiété sur les milieux naturels. Les seuils biophysiques sont dépassés et repoussés chaque année3. La capacité planétaire de renouvellement des ressources ne peut, en aucun cas, soutenir nos modes de vie consuméristes. Dans ce contexte, planifier l’expansion des milieux humanisés au détriment des boisés devrait être un crime. Et ce type de «consultation publique» ne devrait jamais avoir lieu. Les écosystèmes où peuvent s’épanouir pleinement les communautés biotiques sont ce qu’il y a de plus précieux sur cette Terre en cette époque d’Anthropocène. Leur destruction massive est un écocide. Et jamais un TOD, aussi «écologique» soit le discours qu’on tentera de lui accoler, ne pourra contribuer au rétablissement d’un quelconque équilibre écosystémique.

La seule réponse qui puisse permettre un réel gain écologique pour le secteur est un renforcement des écosystèmes participant à la régénération des communautés biotiques indigènes. Et pour arriver à un tel résultat, le tramway ne doit jamais traverser le secteur Chaudière et l’urbanisation prévue ne doit jamais voir le jour. Les seuls motifs qui devraient, sur l’ensemble du territoire, justifier l’implantation du réseau structurant de transport collectif (RSTC) est le suivant: la planification du retrait des milieux humanisés permettant une régénération des écosystèmes locaux. Pas l’urbanisation, ni le développement immobilier ou encore la hausse des taxes foncières, mais bien la régénération du vivant.

Le développement du secteur Chaudière n’est pas un TOD, c’est un écocide.

Références:

1. Ville de Québec, 2020. Vision – Secteur Chaudière: Portrait du territoire.En ligne: https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/amenagement_urbain/visions/secteur-chaudiere/docs/VisionChaudiere_ConsultationPubliqueAmont_2020-06-11.pdf

2. Ibid., p. 26.

3. 2021 Earth Overshoot Day. P ast Earth Overshoot Days.En ligne: https://www.overshootday.org/newsroom/past-earth-overshoot-days/

Laurentia, ou comment exacerber l’écocide planétaire au détriment de la vie, de la stabilité des établissements humains et des générations futures

Mémoire présenté dans le cadre de la consultation de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) portant sur le projet Laurentia : Quai en eau profonde dans le port de Québec – secteur Beauport.

Depuis plusieurs décennies, l’Administration portuaire de Québec (APQ) propose, sous différentes formes, une expansion de ses activités afin de faire croître les flux d’échanges mondialisés qui traversent le territoire de Québec. Cette volonté d’expansion, d’abord héritée de l’impérialisme européen, puis renforcée au courant du XXe siècle par des accords internationaux de libre-échange, s’est manifestée récemment à travers divers projets; passant par le remblai des battures de Beauport qui relient le Vieux-Québec aux chutes Montmorency (1970), puis par Beauport 2020 , elle apparaît désormais sous le projet faisant l’objet de cette évaluation d’impact: Laurentia.

Comme l’a bien démontré l’AEIC dans son rapport provisoire, les dommages que causera le projet d’agrandissement portuaire sur la qualité des écosystèmes et la santé humaine sont nombreux et difficiles à nier. En effet, l’expansion du port constitue une menace pour la qualité de l’air —déjà polluée— , les espèces habitant le fleuve Saint-Laurent et ses berges —déjà menacées—, les populations locales résidant dans les quartiers centraux —déjà impactées— et, plus largement, les écosystèmes terrestres et marins. Mais avant de porter un regard sur les conséquences de ce projet futur, il est essentiel d’observer ce qu’impliquent, pour le territoire, les pratiques culturelles et l’écologie, l’activité portuaire dans sa forme actuelle.

Une activité vouée à la destruction

Le Port de Québec est la manifestation physique, sur le territoire de Québec, d’un système d’échange mondialisé. Il constitue une porte d’entrée —et de sortie— pour un flux de marchandises, de matières et de produits circulant à travers un système complexe qui traverse les océans et s’étend sur divers continents; un maillon dans la chaîne d’approvisionnement mondiale permettant aux sociétés occidentales d’échanger pour satisfaire leurs appétits consuméristes insatiables.

Depuis la colonisation du Québec, le port permet un transfert de matières et de voyageurs entre les différents régimes, Français et Anglais, et leurs colonies. Sur plusieurs siècles, les échanges se sont intensifiés, s’adaptant aux nouvelles réalités géopolitiques et historiques, aux ambitions belliqueuses et à la volonté des différentes puissances mondiales d’étendre leur emprise sur les ressources. C’est toutefois au courant du XXe siècle que la relocalisation massive des lieux de production sur des territoires internationaux, en adéquation avec l’émergence des avancées relatives à la technique et à la science moderne, a facilité, pour les pays riches et dominants, l’implantation d’un système d’échange globalisé reposant, plus que jamais, sur l’exploitation et la destruction du monde; une mutation des échanges mondiaux rendue possible par l’externalisation des coûts environnementaux et sociaux associés aux cycles de vie des matériaux.

En effet, la transposition des processus d’extraction, de production et de transformation sur des territoires étrangers où l’esclavage et le ravage des milieux naturels sont tolérés par le laxisme des cadres législatifs a permis aux entreprises privées de réduire massivement leurs coûts de production, d’augmenter leur volume de ventes et de se déresponsabiliser de leurs actes1. Aux yeux de l’Occidental moyen, cette infrastructure tentaculaire, composée d’un réseau de voies maritimes, terrestres, ferroviaires et aériennes globalement étendues et interconnectées, a rendu invisible l’hécatombe des territoires et des sociétés qui se trouvent à la base du processus de fabrication d’un produit. Par la soustraction —l’éloignement— de ces réalités biophysiques, ce système apparaît comme un réel tour de force pour un capitalisme sauvage reposant sur une croissance infinie des produits extraits, transformés, transportés, vendus et consommés. Bref, il permet à l’industrie d’exploiter pour un maximum de profits tout en évacuant les conséquences sociales et écologiques liées à sa production.

Et c’est précisément sous ce voile économique, aveugle aux réalités du monde, qu’apparaît le projet Laurentia: on promet 7000 emplois pendant la construction2, 1000 pour l’opération du projet, des retombées de 775 M$, 700 000 conteneurs par année et un partenariat de 60 ans avec Hutchison Ports, un conglomérat chinois opérant dans les paradis fiscaux (Cayman Islande et Virgin Islandes). On fait miroiter des chiffres abstraits pour dissimuler les vies réelles qui seront sacrifiées. Mais que valent la qualité de vie des communautés et l’intégrité des écosystèmes qui seront ravagés annuellement pour remplir ces 700 000 conteneurs? Quel sera le montant à payer pour restaurer les écosystèmes marins suite au passage de ces flux de bateau? Combien devrons-nous débourser collectivement pour compenser la dégradation de la santé publique qu’occasionnera un achalandage quotidien accru de trains et de camions? Et que vaudrait la mise en place d’un écosystème vivant, complexe et complet à l’emplacement actuel du Port de Québec? Ce sont là des chiffres essentiels à intégrer dans l’équation simpliste de l’APQ. Et ceux-ci seront définitivement perdus si Laurentia voit le jour.

Comme la qualifiait l’historien Lewis Mumford, cette «mégamachine» qui associe intérêts géopolitiques, sciences, forces économiques et innovations techniques a occasionné une activité humaine déterritorialisée faisant abstraction des réalités du monde que sont la fragilité du vivant, la finitude des ressources planétaires et l’interdépendance des écosystèmes mondiaux. Et l’accumulation de cette activité économique violente, qui considère Gaïa comme une simple banque de ressources vouées à la satisfaction des besoins de l’humanité —et le fleuve Saint-Laurent, pour reprendre le mot de l’APQ, comme une simple «autoroute»—, expose aujourd’hui l’humanité à des crises sans précédent : la 6e extinction de masse3 et l’émergence d’une nouvelle réalité biophysique planétaire, l’Anthropocène4.

Ces réalités récentes bouleversent nos rapports au monde et fragilisent les établissements humains. Elles obligent une introspection profonde ainsi qu’un nouveau regard sur les infrastructures anthropiques. D’une activité humaine déterritorialisée et destructrice, nous devons planifier l’organisation d’une activité basée sur le soin , le respect et la régénération du vivant. Dès lors, nous pouvons regarder le Port de Québec pour ce qu’il est réellement, mais surtout pour ce qu’il met en relation et ce qu’il engendre: exploitation et destruction. Il est alors impératif, en cette grande époque d’instabilité, de remettre en cause l’existence même de ce type d’organisation écocidaire.

La basse-ville fragile

Sans l’ombre d’un doute, l’instabilité des écosystèmes présente des risques importants pour les établissements humains. Ainsi, maintenir les activités portuaires de Québec, tel qu’elles s’opèrent à ce jour, revient à maintenir une part des activités anthropiques étant responsables de l’instabilité qui se manifeste à travers de nombreux phénomènes planétaires: perte de biodiversité, hausse des émissions de GES, réchauffement climatique, multiplication des feux de forêt et des canicules, acidification des océans, appauvrissement généralisé des sols, épuisement des ressources non renouvelables, fonte des glaciers, montée du niveau de la mer, etc.

Pour ne prendre que cet exemple, le cas de la montée des eaux, accéléré par le réchauffement planétaire, illustre assez bien la vulnérabilité des établissements humains dans ce contexte de mutations. À Québec, ce phénomène est particulièrement préoccupant puisque des établissements humains densément peuplés sont érigés en bordure du fleuve et les terrains qu’occupe le Port comptent parmi la ligne de front du territoire étant exposé aux humeurs du Saint-Laurent.

Notons alors que les berges jouent un rôle essentiel pour la protection des établissements humains contre l’érosion et les inondations. Nombreuses sont les villes qui, pour renforcer leur résilience face à la montée des eaux, multiplient le couvert végétal, font croître les superficies d’espaces verts et augmentent la quantité d’arbres plantés en bordure de l’eau. De telles interventions, en plus d’offrir des espaces publics de qualité exceptionnelle aux citoyen.nes et des habitats prospères à la biodiversité, jouent un rôle clef dans la protection des territoires humanisés: les sols végétalisés, telle une éponge, absorbent l’eau et limitent les débordements; les systèmes racinaires, pour leur part, constituent une importante protection contre l’érosion des berges; la présence de biodiversité renforce les écosystèmes et contribue, plus largement, à la lutte contre le réchauffement planétaire.

En somme, il est vital pour la protection des secteurs habités de Québec que les activités portuaires —ainsi que tout le système mondial qu’elles supportent— tendent à être démantelées et que les berges soient naturalisées. Il serait absolument irresponsable de la part de l’administration portuaire de poursuivre ou d’agrandir ses activités dans un lieu qui, inscrit dans la continuité écologique du Domaine de Maizerets et de la baie de Beauport, constitue une ligne de front pour la protection du territoire humanisé. Un simple coup d’œil aux projections concernant la montée des eaux dans le secteur concerné par le projet permet de voir à quel point une telle décision serait impardonnable (figure 1).

En fait, la seule perspective qui devrait être acceptable aux yeux des instances gouvernementales est la croissance des espaces dédiés aux parcs et, plus précisément, à la biodiversité. Pour les générations futures et le vivant, il s’agit de la seule perspective qui soit réellement viable.

Figure 1. Montée du fleuve Saint-Laurent à Québec: 1,5m, 2m et 2,5m.

Démanteler le Port de Québec et renaturaliser les berges

«[L]e projet Laurentia est parmi les plus verts au monde»5 . Ces propos malhonnêtes de Mario Girard, PDG de l’APQ, témoignent non seulement de son mépris envers la science, les communautés locales et toutes formes d’intelligence étant capable de reconnaître la nocivité des activités portuaires, mais illustrent également un manque de respect profond pour le vivant, le rôle crucial des écosystèmes et la possibilité, pour les générations suivantes, de bénéficier d’une qualité de vie assurée par une stabilité écosystémique.

Agrandir le Port de Québec avec des fonds publics reviendrait à subventionner l’écocide planétaire, la destruction des écosystèmes qui sous-tendent la vie et l’accélération des phénomènes menaçant la stabilité des établissements humains. Et le préserver revient à perpétuer ces actes destructeurs.

Non seulement le projet d’agrandissement du Port de Québec ne doit pas voir le jour, mais il est impératif que le gouvernement fédéral, s’il souhaite offrir quelque chose de viable aux générations suivantes, travaille conjointement au démantèlement des systèmes d’échange mondialisés, à la reterritorialisation des pratiques culturelles et à la régénération des écosystèmes. Cette perspective est la seule permettant réellement un quelconque rétablissement de l’équilibre écosystémique ainsi qu’une appellation pouvant être honnêtement qualifiée de «verte».

Enfin, je remercie l’AEIC pour son travail provisoire qui a permis de confirmer les préoccupations citoyennes. Et par respect pour le vivant, je demande à tous les acteurs et actrices concerné-es de près ou de loin par le dossier de travailler à la concrétisation de ces éléments :

  1. Refuser le projet Laurentia (ou toute forme d’expansion du Port de Québec);
  2. Travailler à la reterritorialisation des pratiques culturelles;
  3. Démanteler le Port de Québec;
  4. Naturaliser les berges et l’ensemble du site occupé par le port;
  5. Protéger les espaces de biodiversité qui en résulteront.


Références:

1. Voir à ce sujet, l’excellent ouvrage d’Alain Deneault, Noir Canada : Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Ou encore les nombreuses démonstrations effectuées par Naomi Klein dans son ouvrage intitulé Tout peut changer: capitalisme et changement climatique.

2. APQ. Laurentia . En ligne: https://www.laurentia.ca/

3. Ceballos, G., Ehrlich, P. R., & Dirzo, R. (2017). Biological annihilation via the ongoing sixth mass extinction signaled by vertebrate population losses and declines. Proceedings of the national academy of sciences , 114(30), E6089-E6096.

4. Époque géologique caractérisée par le bouleversement simultané des processus physiques, chimiques et biologiques par l’activité humaine à l’échelle planétaire. Voir à ce sujet l’article de Zalasiewicz, J., et collab. (2017). The Working Group on the Anthropocene: Summary of evidence and interim recommendations . Anthropocene 19:55-60

5. Radio-Canada (15 décembre 2020). Laurentia: le Port de Québec en opération charme. En ligne: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1757458/port-quebec-mario-girard-laurentia-operation-charme-rappor t-agence?fbclid=IwAR0FClSWocoQVIyhCT6dbLdY9PWbRj2h5jwWldgR6sBrsaU_5CvGIecdx4c

De «parc et espace vert» à «campus technologique» : un changement de zonage à l’image de l’ignorance municipale

Mémoire présenté dans le cadre de la consultation sur la modification au Schéma d’aménagement et de développement du site de l’ancien dépôt à neige d’Estimauville.

Une vision imposée

En 2020, la Ville de Québec révélait sa vision pour le développement du Littoral Est, arrimée au Projet Laurentia, entre les quartiers Limoilou (à l’ouest), Beauport (à l’est) et Giffard (au nord); une vision purement mercantile, axée de façon unilatérale sur la «spécialisation intelligente», cherchant à stimuler 12,5 G$ en investissement et valeur immobilière d’ici 2035.1

Tel un morceau de viande lancé dans une fosse aux lions affamés, on offre 8,4 km2 de territoire (figure 1), à l’embouchure du fleuve Saint-Laurent, aux investisseurs étrangers et aux industries privées les plus offrantes, sans trop se soucier de la qualité des vies de celles et ceux qui habitent présentement le territoire. Comme preuve, la Ville propose, pour la gouvernance du projet, la formation d’un OBNL constitué de 13 membres et présidé par le «milieu des affaires», sur lequel siégeront 6 entreprises, Québec International (l’agence de développement économique pour la région de la Capitale Nationale), l’INRS, l’Université Laval, le Port de Québec, la Ville de Québec et un Conseil de Quartier (figure 2). Sur 13 sièges, huit seraient occupés par des intérêts privés, trois par des institutions publiques soumises aux logiques spéculatives du marché et une seul par les citoyen-nes. Aussi bien dire que les citoyen-nes n’auront pas un seul mot à dire.

Figure 1. Secteur concerné par la Zone d’innovation Littoral Est et le projet Laurentia.

Figure 2. Ville de Québec. Gouvernance proposée pour la gestion du projet Littoral Est.

Rappelons alors que l’ensemble de cette vision imposée, regroupée dans un document de 194 pages, a été élaborée sans même qu’un-e seul-e citoyen-ne ait l’occasion de se prononcer sur le projet ou ses orientations. Dans ce document qui apparaît comme une brique lancée au visage de la population, parmi les «perspectives d’avenir», on retrouve les orientations suivantes :

– «Zone surveillée en continu et connectée»;
– «Quartier monitoré et connecté»;
– «Suivi de l’humeur (mood monitoring)»;
– «Ville intelligente en santé – mégadonnées en santé»;
– «Cybersécurité appliquée»;
– «Laboratoire vivant pour les technologies 5G»;
– «Incubateur en technologies propres»;
– «Développement d’algorithme (IA) pour améliorer la connectivité du quartier et la qualité de vie des citoyens.

Ce sont là des manifestations assez claires de l’emprise croissante d’un capitalisme algorithmique sur le territoire de la Capitale-Nationale. Et, sans surprise, lors de la première présentation de cette vision techno-industrielle aux citoyennes, le 7 octobre 2020, les principales préoccupations citoyennes pour le développement de ce territoire étaient les enjeux écologiques et sociaux (figure 3); un décalage flagrant par rapport à la vision de la Ville. Il devient alors tout à fait légitime de se demander : mais quels intérêts la Ville de Québec dessert-elle ? Et surtout, qu’en est-il de l’écologie et de la citoyenneté ?

Figure 3. Capture d’écran: volonté citoyenne exprimée lors de présentation en ligne de la vision du Littoral Est par la Ville de Québec

Une ignorance dangereuse

Dans le brouhaha du développement de cette vision de 12,5 G$, sans même avoir consulté les citoyen-nes pour définir les orientations de son projet et laissant à ces dernièr-es deux mois pour digérer l’ensemble de sa vision, en pleine période d’épidémie, l’administration municipale invite maintenant les citoyen-nes à se prononcer sur le changement de zonage d’un terrain, servant actuellement de dépôt à neige, pour faire passer son usage « Parc et espace vert » à celui de « Campus technologique ». Autrement dit, la Ville enfonce sa vision dans la gorge des citoyen-nes et les invite désormais à se prononcer sur des transformations ponctuelles pour faire croire à un processus « participatif ». Le tout, sans jamais leur permettre d’interroger réellement les prémisses du projet.

Puisqu’il en est ainsi, parlons de ce territoire qui sert actuellement de dépôt à neige et qui constitue un pont entre le fleuve Saint-Laurent et les quartiers habités de Maizerets et Beauport (figure 4).

Figure 4. Localisation du terrain concernée par la « consultation »

Comme les fonctionnaires de la ville semblent l’ignorer2, la planète Terre est, depuis la moitié du XXe siècle, entrée dans une nouvelle ère géologique caractérisée par l’exacerbation simultanée des processus physiques, chimiques et biologiques qu’occasionne l’activité humaine à l’échelle planétaire : l’Anthropocène 3. Pami les bouleversements innombrables qui marquent cette nouvelle époque géologique, on observe la hausse des émissions de GES, le réchauffement atmosphérique, la fonte des glaciers et du pergélisol, la perte de biodiversité et la montée rapide du niveau des océans. Or, ce dernier point, la montée des eaux, est particulièrement préoccupant dans le contexte où le terrain concerné par le changement de zonage compte parmi la ligne de front du territoire étant exposé aux humeurs du fleuve Saint-Laurent.

Notons alors que, dans le contexte de changements climatiques, les berges jouent un rôle essentiel pour la protection des établissements humains contre l’érosion et les inondations. En ce sens, nombreuses sont les villes qui, pour renforcer la résilience des berges face à la montée des eaux, choisissent de multiplier le couvert végétal, d’accroître les superficies d’espaces verts et d’augmenter la quantité d’arbres plantés en bordure de l’eau. De telles interventions, en plus d’offrir des espaces publics de qualité exceptionnelle aux citoyen-nes et des habitats prospères à la biodiversité, jouent un rôle clef dans la protection des territoires humanisés: les sols végétalisés, telle une éponge, absorbent l’eau et limitent les débordements; les systèmes racinaires, pour leur part, constituent une importante protection contre l’érosion des berges; la présence de biodiversité renforce les écosystèmes et contribue, plus largement, à limiter le réchauffement planétaire.

En somme, la fonction de «Parc» est vitale pour la protection des secteurs habités et il serait absolument irresponsable de la part de l’administration municipale d’humaniser un site qui, inscrit dans la continuité écologique du Domaine de Maizerets, constitue une ligne de front pour la protection du territoire. Il suffit d’observer les projections concernant la montée des eaux dans le secteur pour réaliser à quel point une telle décision serait impardonnable (figure 5). En fait, si la ville était moindrement sérieuse lorsqu’elle a endossée, le 1er avril 2019, la Déclaration citoyenne d’urgence climatique (DUC)4 , elle chercherait à accroître, comme l’a fait la mairesse Plante à Montréal5, les territoires dédiés aux parcs et, plus précisément, à la biodiversité. Pour les générations futures, il s’agit de la seule perspective viable.

Figure 4. Montée de l’eau projetée du fleuve Saint-Laurent dans les quartiers de la basse-ville: 1,5m, 2m et 2,5m.

Vers une vision citoyenne du Littoral Est

Enfin, le changement de zonage pour toutes fonctions visant à humaniser le terrain concerné est inacceptable et les éléments pouvant faire l’objet d’une réflexion dans le projet du Littoral Est sont trop nombreux pour se limiter à un seul site; c’est l’entièreté du projet qui doit être revu.

En fait, si la ville de Québec n’ignorait pas les habitant-es de son territoire, les enjeux liées à l’écologie et l’existence des changements climatiques, et qu’elle souhait réellement faire preuve d’un respect envers les citoyen-nes, les générations qui les précéderont et, plus largement, le vivant, elle adopterait, au minimum, l’ensemble des critères proposés par la Table citoyenne Littoral Est dans le Plaidoyer pour un Littoral Est écologique, sociale et économique6 qui se lisent ainsi:

1. Gouvernance:

  • Le projet intègre des représentant·e·s des conseils de quartiers et d’autres organismes du milieu dans ses processus décisionnels.
  • Le projet permet la formation d’un comité citoyen représentatifs des différentes réalités socio-économique des quartiers centraux.
  • Le projet s’assure que des ressources suffissantes sont mises à la disposition des citoyen·ne·s pour supporter leur participation.
  • Le projet supporte la transparence de ses opérations auprès des citoyen·ne·s et autres acteurs du milieu tout au long de sa conception, de son exécution et de son évolution.
  • Le projet s’assure que, dans toutes ses phases, la représentation citoyenne et la diversité des représentant·e·s du milieu est maintenue.
  • Le projet met en place des indicateurs pour l’atteinte des objectifs en regard de la biodiversité, de l’habitation, de la mixité des usages et de la mobilité. Le suivi de ces indicateurs fait partie des processus de gouvernance et de reddition de compte aux citoyen·ne·s.

2. Biodiversité

  • Le projet intègre un réseau continu et ininterrompu dédié à l’émergence et la régénération des écosystèmes (friches et boisés).
  • Le projet intègre un réseau continu et ininterrompu dédié à l’agriculture urbaine (agroforestier, permaculturel, jardins collectifs et communautaires, etc.).
  • Le projet permet la renaturalisation des berges.
  • Le projet intègre une biodiversité indigène, diversifée, rustique et nourricière.
  • Le projet présente une sensibilité écologique pour la récupération du milieu bâti existant.
  • Le projet présente une sensibilité écologique pour les matériaux employés (provenance, récupération, qualité matérielle, etc.) dans les nouvelles constructions.

3. Habitation

  • Le projet permet l’implantation d’une mixité de type d’habitations.
  • Le projet prévoit un ratio d’un logement bâti pour chaque emploi créé.
  • Le projet présente des modèles d’habitations novateurs sur les plans de l’architecture, de la mixité sociale, de la durabilité et de l’écologie.
  • Le projet prévoit un minimum de 52 % de logements communautaires et abordables.
  • Le projet prévoit différents types de logements communautaires et abordables développés par et pour les citoyen·ne·s (OBNL, fiducies, coopératives, etc.).

4. Mixité des usages

  • Le projet permet un quotidien basé sur la marche.
  • Le projet intègre le «commun urbain» comme centralité.
  • Le projet intègre l’ensemble des services quotidiens dans des rayons de marche de 800 m (10 minutes).
  • Le projet intègre des services, locaux, maraîchers et artisanaux.
  • Le projet propose un ratio territorial de 50% de fiducies (FUS ou FUSA) gérées par des comités citoyens, coopératives et/ou OBNL.
  • Le projet assure un accès public aux berges pour tous et toutes.
  • Le projet o re des services de valorisation des matières résiduelles de proximité accessibles à l’ensemble des citoyen·ne·s.

5. Transports

  • Le projet priorise les piétons et facilite la marche.
  • Le projet intègre un réseau complet de pistes cyclables utilitaires.
  • Le projet permet à l’ensemble des citoyen·ne·s d’accéder au transport collectif dans un rayon de 800m (10 min) de marche.
  • Le projet intègre un réseau complet de ruelles.
  • Le projet permet l’abolition des barrières entre Limoilou et Maizerets.
  • Le projet intègre des espaces de covoiturage.

Références

1. Ville de Québec (2020). PROJET DE ZONE D’INNOVATION LITTORAL EST. En ligne: https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/amenagement_urbain/grands_projets_ urbains/zone-innovation-littoral-est/docs/projet-de-zone-d-innovation-littoral-est.pdf

2. C’est ce que laisse deviner le document de 194 pages présentant la vision du Littoral Est. Ibid.

3. Zalasiewicz(2017).T heWorkingGroupontheAnthropocene:Summaryofevidenceandinterim recommendations . Anthropocene 19:55-60

4. Ville de Québec (1er avril 2019). Séance du conseil de ville du 1er avril 2019 . En ligne: https://www.ville.quebec.qc.ca/docs/pv/rubriques/resolutions/CV/2019/CV-2019-0277.pdf

5. Journal Métro (21 septembre 2020). Montréal achète le boisé North Ridge pour son Grand parc de l’ouest . En ligne: https://journalmetro.com/local/ouest-de-lile/2523942/north-ridge-montreal-achete-le-boise-north-ridge-pour-son-grand-parc-de-louest/

6. Table citoyenne Littoral Est (2020). Plaidoyer pour un Littoral Est écologique, social et économique. En ligne: https://simonparent.com/portfolio/plaidoyer-pour-un-littoral-est-ecologique-et-social/

Le rapatriement des facultés sur le campus: un enjeu vital pour la capitale


Le déménagement des facultés hors campus soulève aujourd’hui beaucoup d’interrogations quant à l’avenir
de la faculté d’aménagement de l’Université Laval, mais qu’en est-il de la vitalité du Vieux-Québec ?


L’ECOLE D’ARCHITECTURE : RUMEURS ET DEFIS
Au cours des dernières semaines, de nombreux indices suggèrent un déménagement probable de l’école
d’architecture du Vieux Séminaire de Québec, où elle est établie depuis 1989 :

  • L’Université Laval aurait décidé de ne pas renouveler le bail de location qui nous liait au Séminaire et qui se terminerait en 2021 ;
  • Le financement accordé par le ministère de l’Éducation aurait été coupé ; l’Université Laval devrait débourser une somme de 1,5 million de dollars additionnels pour la location du Vieux Séminaire. Quel serait alors le budget accordé à un immeuble de 8400m2 ou 90 500 pi2 logeant 500 étudiants en architecture ?
  • Un courriel nous a annoncé que les facultés hors campus manquaient d’espace pour opérer, sans
    toutefois indiquer si l’espace était disponible sur le campus ; Un sondage, dont nous ne connaissons pas les résultats, nous a été envoyé afin que chacun puisse se prononcer sur l’avenir de la faculté ;
  • Deux ateliers de l’école d’architecture ont proposé, respectivement, un déménagement de l’école dans les locaux de l’Hôtel Dieu (Jacques Plante, H2017) et la construction d’un nouveau pavillon sur le campus (Claude Demers et André Potvin, H2018), sans nécessairement clarifier les enjeux ;
  • Enfin, l’Université déclare favoriser une concentration sur le campus de ses écoles et départements dans l’espoir d’accroitre les échanges et de favoriser la gestion.

Clairement, cette série d’événements n’est pas un hasard ; elle soulève davantage de questions que de réponses.

L’augmentation des admissions depuis quelques années rend l’école étroite pour les 500 étudiants, répartis sur trois cycles, qui l’occupent. Tous les locaux sont utilisés et l’attribution de l’espace est devenue moins équitable entre les différents ateliers. Ceux-ci accueillent une quinzaine d’étudiants dans des salles qui varient entre 75m2 et 241m2 ; le ratio, dans ces espaces, oscille entre 5 et 48 m2 / étudiant. La superficie utile de l’école est de 5831m2, la superficie nette s’élève à 8404m2 (Benoit Lafrance, 2009), soit 31 % d’espace de circulation ; une réalité historique propre à la nature du bâtiment qui permet son éclairage et sa ventilation naturelle. Si cette proportion dépasse la moyenne souhaitable de 20 %, qu’en est-il des autres normes du nombre de mètre2 par étudiants en comparaison avec les autres écoles d’architecture ?

Sur le plan de l’aménagement, une première hypothèse serait de voir ce qui peut se faire sur les lieux avant de songer à les quitter:

  • Considérant que l’école d’architecture s’est adaptée à la croissance de ses besoins depuis son arrivée dans le Séminaire en 19891, serait-il possible de revoir simplement l’organisation spatiale ?
  • Considérant que les bureaux utilisés par les étudiants répondent aux besoins spatiaux d’un poste d’ordinateur fixe, serait-il possible de récupérer de l’espace en remplaçant quelques mobiliers ?

La location du Petit Séminaire par l’Université Laval représenterait une facture d’environ 1,5 million de dollars par année. À partir du loyer actuel, et en considérant que celui-ci aurait suivi l’inflation historique canadienne depuis 1989, l’Université Laval aurait déboursé plus de 35 M$ pour l’occupation du Petit Séminaire par l’école d’architecture. La valeur totale du Séminaire de Québec est aujourd’hui évaluée à 25 M$ (rôle d’évaluation de la ville de Québec). Avec sa superficie de 8404m2, le Petit Séminaire représente 33,5 % des 25 064m2 occupés par le Séminaire de Québec. Cela veut-il dire que le Petit-Séminaire serait évalué à 8,38 M$ ? L’Université Laval pourrait-elle envisager l’achat du Petit-Séminaire qui lui permettrait de maintenir ses activités au sein de son site fondateur ? Dans quelle mesure le loyer payé au Séminaire de Québec était une subvention accordée à l’École d’architecture, à l’Université Laval ou au Séminaire lui-même ?

LA CITE UNIVERSITAIRE : UN CAMPUS SÉGRÉGUÉ
Depuis l’élection de Sophie D’Amours au poste de rectrice, en avril dernier, l’Université Laval propose de rapprocher ses facultés dans l’objectif de favoriser leur collaboration. L’avènement de cette approche pluridisciplinaire demanderait la proximité physique des différents corpus de recherche, se traduisant ainsi par la volonté de rapatrier les facultés hors campus. Depuis internet, tout est proche de tout. Qu’est-ce qui favorise alors les échanges interdisciplinaires ? Outre l’intérêt commun, est-ce une question de ressources financières ? Une question de temps disponible ? Ou encore une simple question de proximité géographique ?

  • À ce titre, quelles sont les particularités de l’aménagement du campus ?
  • Quel est le niveau actuel des échanges interdisciplinaires internes à l’Université Laval et externes avec le Monde ?

La Cité-Universitaire tel que nous la connaissons aujourd’hui s’est développée dans les années 1950 et a vécu une expansion importante à partir de la Révolution tranquille. Initialement construite sur des terres agricoles à Sainte-Foy, elle était alors érigée en périphérie de Québec (figure 1). L’implantation excentrée permettait d’envisager une croissance considérable des besoins physiques de l’université. Elle matérialisait un idéal de banlieue, pour les pavillons universitaires, mais aussi pour la vie des étudiants et des professeurs dans le voisinage. Le projet du campus est un évènement clé de la modernisation de Québec ayant permis d’offrir une vie américaine, en rupture avec l’expérience urbaine historique de cette ville.

Dans les faits, le campus est encore largement inoccupé. Un plan exploré en 2005 (figure 2) envisageait d’en urbaniser une partie, mais l’exercice ne s’est jamais concrétisé. Regroupant plus 50 000 personnes actives (plan stratégique UL 2017 – 2022), le campus est certainement un pôle d’emploi important et une grande destination en termes de déplacement. Son isolement physique des quartiers limitrophes le rapproche toutefois davantage d’une logique de ségrégation spatiale qui appartient à un camp militaire, ou une communauté religieuse cloitrée qu’à un milieu de vie diversifié et actif.

1948
1965
2018

Figure 1. Urbanisation de Québec entre 1948 et 2018. La position excentrée de la cité universitaire s’inscrit dans une logique d’aménagement moderniste qui vise à isoler les fonctions urbaines. Construits sur des terres fertiles, le campus, les centres commerciaux et les autoroutes, dans Sainte-Foy, sont des polarités modernes qui desservent principalement les usages individuels de l’automobile et qui offrent très peu de qualités à l’espace public collectif.

Ce type d’implantation correspond à des fonctions urbaines anti-nodales2 et devient contradictoire et paradoxale lorsqu’il s’applique à un campus universitaire qui, tels un musée, un théâtre ou une bibliothèque, devrait rassembler les gens plutôt que les éloigner.

Les logiques modernistes architecturales et urbanistiques ont façonné la Cité-Universitaire. Elles préconisaient la spécialisation des fonctions, leur séparation selon une hiérarchie opposant la médecine à la théologie, les sciences pures aux humanités. L’espace vert abondant sert davantage de marges assurant la ségrégation spatiale que d’une nature contemplative propre à rappeler la place de l’homme dans l’univers.

Ce rôle de figuration accordée à la nature ne signifie pas que le campus soit urbain. Le lieu possède très peu de qualités urbaines. Les aménagements extérieurs répondent essentiellement aux besoins spatiaux de l’automobile (figure 3). Le campus souffre d’un faible niveau de marchabilité qui rend la promenade inconfortable et décourageante pour le piéton ; les espaces verts sont battus par les vents et les bâtiments offrent peu d’entrées ouvertes sur l’extérieure. Les façades austères d’une architecture moderne réduisent la qualité de l’encadrement des espaces publics. La distance importante qui sépare les pavillons obligent une marche inconfortable. On peut se demander quels critères abstraits ont permis la reconnaissance d’un campus «certifié durable »3.

L’isolement se poursuit avec les quartiers limitrophes. Le réseau viaire présente une connectivité limitée qui décourage les liaisons aux quartiers adjacents. L’absence de mixité des usages rend difficile l’implantation de commerces de proximité et la faible densité des quartiers voisins limite grandement la qualité de l’expérience urbaine pour les habitants du campus.


Figure 2. Haut : Plan de la Cité universitaire de 2005. Bas : Plan proposé par la commission d’aménagement de l’Université Laval en 2005. En comparant l’état actuel du campus avec la proposition d’aménagement, il est possible de constater l’importance de l’effort qu’il est nécessaire d’investir dans sa requalification pour l’urbaniser. Le déploiement d’une telle énergie ne changerait toutefois pas la condition des tissus limitrophes qui possèdent une très basse densité.
Source: Plan directeur d’aménagement et de développement du campus de l’Université Laval 2005. En ligne: https://www.cameo.ulaval.ca/files/content/sites/cameo/files/documents/Fichiers%20site%20web/Documents%20de%20

En somme, l’Université Laval propose à ses 50 000 utilisateurs les pratiques de la banlieue ; elle ne permet pas aux jeunes professionnels et aux scientifiques d’expérimenter les qualités de la forme urbaine lors de leurs séjour sur le campus. La question est fondamentale pour les architectes et l’aménagement du campus conditionne des pratiques qui contredisent le discours de l’université qui souhaite « contribuer au développement d’approches novatrices en matière de développement durable. »4

Que préférons-nous: offrir un campus sur lequel il est pratiquement essentiel de posséder une voiture pour opérer adéquatement et espérer convaincre quelques personnes, suite à leurs études, des bienfaits de la ville ? Ou profiter d’une implantation stratégique des pavillons de l’université, dans les quartiers centraux, pour sensibiliser la relève aux bienfaits de l’urbanité pendant la durée de leurs études ?

Figure 3. En rose, il est possible d’observer tout l’espace qui est consacré entièrement aux usages de l’automobile sur le campus et dans les tissus limitrophes. L’urbanisation de Ste-Foy a principalement été guidée par une volonté d’accommoder les transports individuels, à l’époque du modernisme, et il est aujourd’hui très difficile d’intégrer le discours d’une ville à échelle humaine dans un endroit où les services de la ville sont peu accessibles par la marche.
Sources : satellite, Géoindex, Ortho 2016 – dessin, auteur


LA NÉCESSITÉ D’ÊTRE EN VILLE
La formation universitaire est académique, mais aussi sociale et économique. Les liens qui se tissent entre étudiants sont souvent aussi importants à long terme que leur diplôme. Dans ce sens, l’intention de l’Université Laval de favoriser les échanges est parfaitement logique ; c’est le lieu qui n’est pas propice.

La vie étudiante devrait tirer profit de l’effervescence intellectuelle d’un campus en l’intégrant à la vie urbaine dans laquelle les futurs diplômés devront s’engager. Les étudiants sont des résidents idéaux pour le centre historique puisque ce sont les quartiers urbains denses, mixtes et munis d’un réseau d’espace public collectif significatif qui favorisent de riches échanges avec l’ensemble des concitoyens. L’échange est mutuel.

La coprésence des chercheurs et des professeurs leur offre un champ d’observation réel. D’un autre côté, elle permet à la ville de mieux comprendre ses phénomènes scientifiques, sociaux, économiques, urbains et environnementaux. Cette logique de proximité des corps est la même que pour la pluridisciplinarité mise de l’avant aujourd’hui sur le campus, mais à l’échelle des dynamiques de la ville.

Si on observe parallèlement quelques campus occidentaux à l’échelle urbaine (figure 4), on constate que celui de Québec est complètement introverti, il est peu intégré au tissu pavillonnaire de banlieue qui le ceinture, il offre de faibles qualités urbaines à ceux qui l’occupent au quotidien et les pavillons qui le composent sont très distants. L’énergie nécessaire à la consolidation d’un tel aménagement (densification des parcelles, consolidation des axes structurants, construction de nouveaux pavillons, développement de nouvelles voies en continuité avec le système viaire existant, piétonnisation de certains espaces, implantation de nouvelles infrastructures et équipements, etc.) surpasse grandement ce qu’il est nécessaire d’investir dans la réfection de
certains espaces des quartiers centraux, déjà reliés aux infrastructures d’un réseau urbain de qualité.

Figure 4. À la même échelle, l’Université Jean Moulin de Lyon, la Sapienza de Rome, l’Université de Québec à Montréal, l’Université Colombia à Manhattan, l’Université Harvard à Boston et l’Université Laval à Québec.
Sources : satellites, Google 2018 – dessins, auteur


Comme l’Université Laval est financée par des fonds publics, elle devrait, de ce fait, offrir le plus de services possible au plus grand nombre de personnes possible, le plus longtemps possible. Seule une implantation dans les quartiers les plus denses permettrait de répondre à cette affirmation et ainsi, desservir adéquatement des intérêts publics collectifs. Le discours d’une ville à échelle humaine, tel que porté par Jan Gehl5 et adopté par de grandes villes contemporaines comme Manhattan, Copenhague, Melbourne, San Francisco et Sao Paulo, vise à redonner l’espace aux piétons afin d’offrir des villes plus conviviales aux citoyens qui l’habitent. L’Université Laval, « animée d’une profonde culture de développement durable »6, se porte déjà garante d’une
mission aussi noble, contemporaine et écoresponsable qu’est celle de promouvoir des pratiques soutenables. Pourquoi alors ne pas prioriser des paysages quotidiens exempts des contraintes de l’automobile ? Comment mettre de l’avant un discours cohérent si les pratiques ne le sont pas ?

Figure 5. À la même échelle, la Cité-Universitaire et la ville de Québec intra-muros. Il est possible d’inscrire plus de trois fois le noyau fortifié de Québec sur la superficie du campus. Outre les utilisateurs de ce dernier, très peu de gens s’y rendent pour en apprécier les qualités urbaines ; toute personne qui n’a pas à y aller l’évite. Pourquoi ne pas l’intégrer à l’expérience urbaine de Québec ? Les qualités de la ville fortifiée sont indéniables et attirent beaucoup de visiteurs chaque année. Ceux-ci sont prêts débourser d’importantes sommes dans des vols transcontinentaux afin de venir déambuler dans les rues de la ville fortifiée tout en appréciant la richesse de sa scénographie. Pourquoi ne pas multiplier la qualité de cette expérience pour les résidents de Québec ?
Source: satellites, Google 2018— dessins, auteur


LA MUSÉIFICATION DU VIEUX-QUÉBEC
Québec est l’une des rares villes nord-américaines qui possèdent l’héritage d’un établissement humain inscrit dans les logiques d’une ville fortifiée. Cette forme d’implantation reposait, à l’époque, sur les capacités de l’homme à s’adapter aux conditions de son milieu tout en respectant les contraintes physiques de l’échelle humaine. L’accumulation des constructions vernaculaires et qualitatives, de la colonisation jusqu’à la période de l’industrialisation, laisse à Québec un héritage bâti d’exception et témoigne de l’histoire mouvementée d’un jeune pays qui s’est enraciné sur le territoire nord-américain.

Aujourd’hui, la municipalité utilise fièrement le berceau de l’Amérique française pour promouvoir à l’international les qualités de la ville post-européenne ; le noyau fortifié est visible sur toutes les cartes postales, les sites de tourismes ne manquent pas de vanter les qualités européennes du centre historique, le château Frontenac est devenu un symbole tellement important qu’il se retrouve même sur les biscuits célébration et la rue du Petit-Champlain a été déclarée la plus belle rue piétonne du pays en 2014 lors d’un concours organisé par l’institut canadien des urbanistes. Les qualités urbaines de cet héritage sont évidentes et ne manquent pas
d’attirer des visiteurs de l’extérieur du pays. Pourtant, ces paysages pittoresques semblent s’adresser à un public exclusif si l’on compare l’image de la ville diffusée par l’office du tourisme à celle de la ville vécue par les étudiants, à quelques minutes de la Cité-Universitaire (figure 6).

Le noyau fondateur tend à s’effacer de notre quotidien au détriment de l’industrie touristique. Québec intra-muros se transforme progressivement en un musée à ciel ouvert ; les logements sont de moins en moins occupés par des résidents locaux (figure 7), les Airbnb se multiplient et les principaux pôles d’activités tels que l’Hôtel-Dieu et l’Université Laval sont appelés à s’excentrer. Tandis que la municipalité tente de revitaliser le VieuxQuébec en y proposant de nouveaux ensembles résidentiels7, elle laisserait partir un pôle aussi dynamique que l’Université Laval ? Le rapatriement des facultés contredit la volonté politique ; investir sur la construction de nouveaux milieux de vie dans un secteur duquel nous réduisons, simultanément, la mixité des usages est assez contre-productif.

Figure 6. Haut: l’image de la ville de Québec présentée aux visiteurs. Bas: la ville vécue par ses résidents, à quelques minutes de la Cité-Universitaire.
Sources : https://www.quebecregion.com/fr/quoi-faire/activitesattractions/incontournables et Google 2018

Figure 7. Logements inoccupés par les « résidents locaux ». « This map shows the percentage of dwellings that are « not occupied by usual residents ». That includes dwellings that are unoccupied, or occupied temporarily be a person with primary residence elsewhere in Canada or abroad. In plain language, these are residential units not used as primary residence. »
Source: CensusMapper


UN POTENTIEL SOUS-ESTIMÉ
La meilleure façon d’assurer la préservation de nos bâtiments historiques est de les maintenir utiles ; cela nous permet de leur donner toutes les mesures de soins nécessaires tout en bénéficiant de leurs caractères d’exception au quotidien. En ce sens, qu’adviendrait-il si on misait plutôt sur un rapatriement de certaines facultés dans les quartiers centraux ?

Le Vieux-Québec pourrait devenir un des plus beaux patrimoines vivants de l’Amérique du Nord. Les qualités de la ville intra-muros gagneraient grandement à être renforcées par un usage aussi actif que l’université. Le tissu urbain du noyau fortifié constituerait une parfaite complémentarité de la trame des faubourgs limitrophes ; il deviendrait facile pour l’Université Laval de créer des partenariats avec les acteurs de la ville. Le nombre important d’étudiants permettrait une croissance de la demande résidentielle dans les quartiers centraux, une transformation de l’interface commerciale des artères d’intérêts et une bonification des activités locales du Vieux-Québec. Les qualités extraordinaires de la ville européenne que la municipalité offre à l’industrie
touristique profiteraient enfin au quotidien d’un bon nombre de citoyens.

Les opportunités sont nombreuses et l’espace ne manque pas pour accommoder quelques facultés au centre-ville (figure 8). Hypothétiquement parlant, l’esprit créatif de la Fabrique pourrait teinter le développement du stationnement qui lui fait dos, une faculté inscrite dans la Citadelle développerait une étroite relation avec les plaines d’Abraham, une faculté dans l’Hôtel-Dieu activerait les Nouvelles-Casernes en plus de profiter d’un panorama splendide sur les Laurentides, le Séminaire de Québec, doté d’une nouvelle aile, pourrait accueillir l’ensemble de la faculté d’aménagement tout en offrant une interface vivante au parc Montmorency (figure 9), bref, le centre-ville pourrait être entièrement dynamisé par l’effervescence de l’université. Une volonté politique pourrait renverser la dynamique de Québec.

Figure 8. Potentiels patrimoniaux pour les usages de l’Université Laval. La qualité architecturale de ces bâtiments historiques contribuerait à renforcer l’image de l’Université Laval, offrirait un milieu d’études exceptionnel aux étudiants, en plein centre-ville, et permettrait au noyau central de Québec de gagner une grande mixité et de nombreux services de proximité de qualité.
Source: satellite, Géoindex ortho 2016 – dessins, auteur (les superficies proviennent du rôle d’évaluation 2016-2018).

Figure 9. Hypothèse d’une évolution typomorphologique du Séminaire de Québec.L’ajout de nouvelles ailes sur les surfaces actuelles de stationnement permettrait un gain d’espace important pour les besoins croissants des facultés. Avec une géométrie respectueuse de l’évolution du Séminaire, il serait possible de créer une nouvelle cour intérieure, d’offrir un bon encadrement à l’espace public collectif au niveau de la rue des remparts et de créer une liaison entre le parc Montmorency et les activités de l’Université.
Source: satellite, Géoindex ortho 2016 – dessins, auteur

La qualité architecturale des bâtiments centenaires de la « vieille ville » renforcerait l’image de l’Université Laval et offrirait une expérience d’apprentissage d’exception, comme le fait actuellement le Petit Séminaire pour les occupants de l’école d’architecture. De plus, un séjour d’étude en milieu urbain sensibiliserait les étudiants aux bienfaits de l’urbanité puisque l’échelle humaine des faubourgs de Québec permet une vie exempte de voiture et la densité résidentielle génère une mixité des usages et une multiplication des services de proximité. Cette diversité enrichit la qualité des expériences et des rencontres qui s’inscrivent dans le scénario typique d’une journée. Il deviendrait alors possible de construire un discours cohérent sur la soutenabilité des pratiques encouragées par l’université.

Tandis qu’il devient urgent de mettre de l’avant des politiques environnementales, les opportunités sont nombreuses pour favoriser une saine gestion de l’aménagement du territoire. Un choix s’offre aujourd’hui à Québec: souhaitons-nous alimenter l’héritage énergivore de l’automobile tout en favorisant l’artificialisation des tissus anciens de la ville ou préférons-nous offrir l’expérience urbaine la plus qualitative de Québec à la relève intellectuelle de la province, qui aura comme mission d’affronter les enjeux environnementaux de demain ?

Références:

1. Pensons notamment à la réfection de l’amphithéâtre réalisé en 2012 pour un montant d’une envergure de 300 000$ (Construction Couture et Tanguay) qui avait pour objectif d’optimiser l’espace pour la tenue des cours magistraux. À ce moment, une série de colonnes structurales et ancestrales ont été remplacées par une poutre et des colonnes d’acier ce qui a permis de dégager l’espace central pour accommoder plus d’étudiants.

2. Certaines fonctions urbaines requièrent une position relative excentrée et tendent à se déplacer lorsque la ville prend de l’expansion. Les couvents religieux, les abattoirs, les prisons, les hôpitaux et les fermes agricoles sont des exemples d’usages qui profitent, pour différentes raisons, d’un éloignement du noyau urbain.

3. Sur son site web, l’Université Laval additionne la superficie de la forêt Montmorency qui est dans le parc de la Jacques Cartier, à plus de 60 km de la Cité Universitaire, à la superficie de boisé qu’on retrouve sur le campus pour mettre de l’avant un discours écologique sans toutefois tenir compte de la nocivité des pratiques qu’elles encouragent par son implantation et sa configuration. En aménagement du territoire, en urbanisme et en architecture, il ne manque pas de littérature pour affirmer que les aménagements générés par les usages de l’automobile sont nocifs pour la condition fragile de l’environnement et de la santé humaine. En ligne: https://www.ulaval.ca/notre-universite/salle-de-presse/information-institutionnelle/quelques-chiffres.html

4. Dans son budget 2017-2018, l’Université Laval met de l’avant une politique de développement durable qui vise à répondre à l’urgent besoin d’agir face aux changements climatiques, mais qui est toutefois contradictoire avec les pratiques conditionnées par l’aménagement du campus qui favorise grandement l’usage de la voiture. En ligne: http://www.sf.ulaval.ca/pdf/Budget%202017-2018.pdf

5. L’architecte danois était de passage à Québec en 2017 pour présenter ses réflexions sur l’importance d’une ville à échelle humaine. Le modèle nord-américain repose principalement sur l’influence de l’automobile et s’oppose donc au discours mis de l’avant par Gehl.

6. Dans son plan stratégique 2017-2022, l’Université Laval met de l’avant une mission très noble qui vise à offrir aux générations futures une environnement plus sain. En ligne: https://www.ulaval.ca/fileadmin/notre_universite/Plan-strategique-UL-2017-2022.pdf

7. La Ville Québec a annoncé récemment un appel de proposition pour la construction d’un immeuble mixte dans le Vieux-Québec. Pour reprendre les propos de Régis Labeaume: « Les projets soumis devront proposer un immeuble mixte offrant des logements abordables aux étages et des commerces de proximité au rez-de-chaussée, tout en contribuant au renforcement de la vitalité commerciale et au développement économique du quartier. » En ligne: http://ici.radiocanada.ca/nouvelle/1088004/appel-proposition-ilot-charlevoix-quebec.