London

London - Ben

Ça faisait longtemps que je rêvais de mettre les pieds sur le sol anglais. C’est comme si Londres nous attendait, depuis le temps que Sandrine nous en parlait…

Cette merveille anglaise n’a rien de déstabilisant pour un Québécois. Au contraire, je dirais que la culture anglo-saxonne a été beaucoup plus influente pour le Québec que celle des Français a pu l’être. On s’y sentais comme chez nous, à l’exception d’un décor beaucoup plus raffiné, d’une éducation supérieure beaucoup plus tangible – « knowledge is power », comme les Anglais se plaisent à l’écrire un peu partout – et d’un accent anglais tout simplement parfait. Sans que cela soit un point positif, la rapidité des mouvements s’apparente étrangement à une vitesse nord-américaine. Je n’avais jamais vu un métro si efficace. Les flux sont beaucoup plus denses que dans les autres grandes villes européennes, le rythme de vie y semble accéléré; c’est probablement ce qui nous a remémoré l’Amérique.

Pour être franc, j’ai adoré Londres. Tout est si propre, tout est si beau. Les gens sont extrêmement soignés, mais restent très accessibles. Nous avons toujours eu droit à des sourires sincères accompagnés d’un « hello » mélodieux lorsque nous mettions les pieds dans une boutique ou dans un restaurant. La ville reflète très bien ses occupants. le patrimoine est tellement bien entretenu qu’il s’agence parfaitement aux interventions d’aujourd’hui. L’architecture généralement revêtue de pierre ou de maçonnerie aux couleurs rougeâtres est d’une élégance irréprochable. Les lignes franches qui la définissent indiquent une rigueur imposante tout en laissant transparaître une forme de rationalité. Les Anglais ont – et ont toujours eu – une très belle culture de l’architecture.

Malgré la beauté incontestable du centre, il fait bon s’en éloigner, car c’est dans les quartiers périphériques que réside toute l’effervescence de la jeunesse anglaise. Le Brick Lane et son abondance de « vintage shops » ont su nous tenir occupés pour un moment tandis que Camden Town et ses superbes marchés nous en ont mis plein la vue. C’est d’ailleurs dans ce dernier que nous avons pu profiter d’un fameux « English breakfast » en compagnie d’Audray, Étienne et Sandrine; un autre bonheur qui nous remémorait la maison. Nous avons beaucoup marché à travers ces quartiers qui possèdent chacun une forte personnalité et qui, dans l’ensemble, créent la beauté de cette ville anglaise foisonnante. Il faut y marcher sans objectif précis; flâner et se laisser surprendre.

De plus, comme les Anglais accordent une grande importance à la culture, la plupart des musées sont gratuits. Parfait pour des étudiants en échange qui cherchent à alimenter leur créativité. Nous avons donc fait le tour du Tate pour apprécier gratuitement la collection de Rothko et avons goûté brièvement au British Museum. Il faudrait des semaines pour faire le tour de tous les musées au moins une fois. C’est une ville très riche – à tous les niveaux – qui vaut certainement la peine d’être vécue sur une longue période…

À très bientôt London.london - cliche london - detailslondon - finesselondon - tateLondon - RothkoLondon - Soholondon's eyelondon - eclectismeLondon - speedLondon - Steellondon - foldsLondon - gallery London - CamdenLondon - marketLondon - green and brick London - park

Budapest

texturesBudapest est ce que nous avons goûté de plus riche jusqu’à maintenant. Cette superbe ville hongroise possède deux identités territoriales fortement distinctes qui sont habilement séparées par le Danube; d’un côté, Buda et son relief houleux marqué d’un caractère historique empreint d’une culture occidentale et de l’autre, Pest et son identité vibrante résultante de l’émancipation récente des différentes cultures qui habitent son sol linéaire. Avec le temps, ces deux villes se sont liées d’une belle relation pour former Budapest. Cette divergence tangible est une grande qualité qui confère à la ville une personnalité absolument unique autant au plan culturel qu’au niveau territorial.

Cette ville hongroise aux visages multiples rayonne par sa grande diversité culturelle. Étant situé en Europe de l’Est, Budapest puise ses influences autant chez les Occidentaux que chez les Orientaux. Ça se goute, ça se voit et ça se vit. Nous avons passé une journée entière à découvrir l’importante histoire juive qui réside au coeur de Pest en passant par les trois magnifiques synagogues qui ponctuent le 7e arrondissement avant de basculer du côté de Buda pour nous retrouver dans un secteur porteur de l’architecture de la sécession hongroise, une forme d’art nouveau caractéristique de la région. Les détails qui définissent cette dernière sont absolument sublimes tandis qu’ils s’inspirent fortement de l’architecture orientale. On croirait voir des tissages dans le revêtement des toitures.

Ce qui nous a particulièrement plu de cette ville est la facilité avec laquelle nous avons pu goûter à ce qu’il y a de plus local. Nul besoin de chercher, tout est sous notre nez. Les commerces rayonnent par le biais de leur authenticité tandis qu’ils offrent aux visiteurs ce que l’effervescence locale peut produire de mieux. Les choix gastronomiques sont abondants et surtout plus qu’abordables. Nous avons rencontré quelques « food truck » rassemblés sous un même toit lors de nos promenades dans les rues de Pest. On nous a mentionné que ce type d’installation n’était toujours pas légal à Budapest (comme à Québec) et c’est pourquoi les restaurateurs avaient dû demander un permis pour créer un lieu commun afin d’offrir leur cuisine de rue. C’était très dynamique comme espace et surtout assez rassembleur. Longue vie à la bouffe de rue! Enfin, pour conclure notre séjour, nous avons cherchés à expérimenter les « ruins bars »; ce sont des lieux d’échange à débit de boissons qui se sont implantés dans des structures délaissées par la ville et qui visent à générer un maximum d’activité en effectuant un minimum d’intervention sur l’architecture. Le résultat est assez impressionnant et l’expérience est mémorable; c’est à voir absolument.

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Berlin

Berlin - Upstairs

Berlin, jusqu’à présent, mon coup de coeur. J’ai eu deux impressions complètement antinomiques de cette ville Allemande. C’était, avant tout très froid, d’une rigueur imposante et déstabilisante. Les bâtiments sont surdimensionnés, leurs proportions monumentales sont exagérées et inadéquates pour l’humain. Ils sont d’une rigueur reflétant la supériorité des régimes autoritaires qui ont pu régner sur cette région. On comprend très bien le message qui était lancé au prolétariat. Le passé de cette ville est lourd. Tout est tellement frais dans la mémoire collective, c’est délicat. L’horreur véhiculée par les nazis est encore beaucoup trop récente…

La démolition du mur de Berlin annonce clairement une nouvelle ère, un nouveau souffle pour les habitants. Une grande cicatrice marque toutefois le territoire, physiquement et psychologiquement. On sent que tout n’est pas réglé. C’est comme si le conflit social avait pris une autre tournure. Le capitalisme a repris le rôle autoritaire en imposant son activité déloyale et ses construction rigides, à l’image des grandes industries. Le pouvoir de ces grandes sociétés anéanti tout espoir de réussite des petites entreprises locales. Une soif de profit règne toujours, au détriment de toute forme de qualité de vie. Same shit, different day.

Après quelques jours, nous commencions à étouffer dans cette  ville parsemée de monuments et de mémoriaux à l’effigie des horreurs du passé. Nous avons cherché à découvrir la ville autrement, à sortir des quartiers qu’on cherche à nous mettre sous le nez. C’est la meilleure idée que nous avons pu avoir considérant que c’est à ce moment que Berlin s’est révélé. Nous avons enfin rencontré les humains qui y résident ou plutôt l’expression qui les anime. Nous avons découvert ce désir, tout ce qu’il a de plus humain, de véhiculer un message; l’art, pure et dure. Une forme de rage contre l’oppression, un éveil collectif. C’est par l’art qu’on peut ressentir cette âme qui appartient à Berlin, cette vie, qui donne tout son aspect humain à la ville et qui s’exprime avec ardeur. On sent une soif de changement et un désir de renouveau. Les murs sont tapissés de chefs d’oeuvres provenant de la rue qui donnent à l’architecture sévère une façade humaine. C’est très puissant et je dirais, surtout, nécessaire. Il est bon de ressentir aussi fortement la présence de l’humain.

Berlin, j’ai déjà hâte de te retrouver.

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