Lisboa

tramway

Après avoir brièvement goûté au Portugal suite à notre visite à Porto, j’avais envie de faire découvrir ce sublime pays à ma mère – la dame sur fond rose – qui venait faire un tour de l’autre côté de l’océan. Quoi de mieux que cinq jours à Lisbonne pour s’imprégner à nouveau des charmes de la culture portugaise?

Les premiers jours ont été consacrés à la rencontre de la ville; nous tentions de faire connaissance par le biais de la marche. Nous avons donc favorisé les courtes distances et les découvertes spontanées. Il n’y avait pas vraiment d’objectif. La capitale portugaise est assez grande, il a de quoi se laisser surprendre. Nos premières impressions nous ont vite remémoré Porto: une culture de l’échange valorisée par la convivialité des espaces publics, l’effervescence des rues et l’interaction humaine qui animent l’espace collectif. Il n’y a pas vraiment d’artifice; le capitalisme brille par son effacement tandis que c’est le pouls du prolétariat qui façonne l’architecture de tous les jours. De plus, l’abondance de textures et de couleurs en façade nous rappelle constamment que les bâtiments sont habités. Les activités quotidiennes sont très bien mises en valeur; on peut lire le vécu de la ville à travers les nombreuses couches du bâti.

Déambuler dans les rues nous a permis de faire de très belles trouvailles: un marché local absolument magnifique dans lequel des restaurateurs régionaux desservent un espace partagé, des boutiques d’artisans qui travaillent la céramique ou le textile par l’entremise de leurs mains, des points d’observation sublimes qui laissent percevoir l’ensemble de la ville ceinturée par les paysages, des promenades sinueuses qui embrassent les bordures de l’océan et des espaces publics vivants animés par l’activité des commerces périphériques. J’adore l’authenticité qui se dégage de la culture portugaise.

Évidemment, la nourriture était très bonne malgré des coûts un petit peu plus élevés qu’à Porto. Les fruits de mer que nous avons goûtés en soirée étaient très frais, les saveurs étaient assez variées et nous avons bien profité des repas conviviaux en formule tapas. Pour ce qui est des pâtisseries, c’est à Bélem que nous avons pu goûter au fameux Pasteis de Bélem qui mérite d’ailleurs très bien sa grande réputation. Cette petite tartelette qui ressemble à un flan est tout simplement délectable. Pour en avoir goûté à plusieurs reprises lors de nos deux séjours au Portugal, c’est celle de Bélem qui remporte haut la main la compétition. Rien de mieux pour commencer un après-midi qu’un bon café accompagné de ce petit délice.

Enfin, nous avons terminé notre séjour dans la ville de Sintra. Cette zone fragmentée est l’harmonie parfaite entre les paysages naturels et un grand patrimoine culturel. La ville se vit comme une réserve naturelle ou un parc ponctué par des chefs d’oeuvres architecturaux aux influences multiples. On y retrouve aussi bien des ruines romanes que des palais, comme Pena, aux styles éclectiques revêtus de couleurs très vives. Pour passer d’une construction à l’autre, il faut traverser un espace végétal épargné par tous les travaux. Cet intermédiaire possède une très forte présence et s’étale sur une grande superficie. On sent que malgré l’activité humaine qui cherche à consommer ses racines, l’environnement est sien et il le restera. L’air y est très bon, filtré par un végétal d’une maturité surprenante. Le tout s’implante dans un paysage aux limites imperceptibles qui impose un grand silence et qui permet à tout humain de prendre conscience de sa petitesse.

Merci mom pour cette semaine, ce fut un plaisirs de partager ces moments avec toi. Xx

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Montpellier

bellsUne petite visite chez les montpelliérains pour terminer novembre en beauté. On a eu droit à une superbe température. Rien de trop froid, généralement au dessus des 20 degrés. Il n’y avait pas de quoi se plaindre. Pour un Québécois, il est toujours intéressant de voir des gens prendre l’apéro sur les terrasses juste avant d’entamer la période des fêtes! On pourrait y prendre goût…

Nous avons profité de ce séjour de façon assez désinvolte. Rien de particulier à l’esprit; découvrir librement. Ça fait du bien. Les rues étroites et sinueuses de la vielle ville nous berçaient tandis que la pigmentation chaleureuse des pierres antiques qui habillent l’architecture nous réconfortait. Beaucoup de détails, beaucoup de vestiges, beaucoup de vécu; c’était plutôt agréable pour le regard.

Les restaurants que nous avons essayés au hasard furent de très belles découvertes! Le gratin dauphinois et les burgers étaient trop bons! Côté alcool, même si là n’était pas notre intention, nous y avons bien gouté. Ma plus belle découverte est la délirium: un petit délice belge fortement alcoolisé qui nous a bien charmés. Sinon, pour le vin, disons que nous sommes assez bien tombés puisque lors de notre bref séjour se déroulait la fêtes des vignes. Quel heureux hasard! En gros, ça ressemble à un marché de noël, mais avec seulement des kiosques de vin provenant de la région.

Le principe était assez simple: à l’entrée, on nous faisait payer 3 euros en échange desquels on nous remettait 3 coupons de dégustation et une coupe à vin en verre. Notre argent était déjà leur! Nous avons donc amorcé la découverte des petits kiosques sans trop savoir où nous lancer; deux amateurs en cavale dans une marée de simili-bourgeois aux fines bouches… Nous n’avions plus d’autre choix que de nous inventer une logique implacable: plus la file est longue, plus le vin est bon! Arrivés au bout de notre première file, le vigneron a sympathiquement refusé du revers de la main notre coupon après nous avoir remis à chacun une coupe de son vin. C’est à ce moment que nous avons compris qu’il était possible de faire le tour de tous les produits sans même devoir payer. Nous avons donc passé le reste de la soirée à jouer les fins connaisseurs en rôdant autour des kiosques et en acquiesçant silencieusement les commentaires des vignerons qui nous présentaient leurs produits. Que de plaisir, merci Montpellier!

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Berlin

Berlin - Upstairs

Berlin, jusqu’à présent, mon coup de coeur. J’ai eu deux impressions complètement antinomiques de cette ville Allemande. C’était, avant tout très froid, d’une rigueur imposante et déstabilisante. Les bâtiments sont surdimensionnés, leurs proportions monumentales sont exagérées et inadéquates pour l’humain. Ils sont d’une rigueur reflétant la supériorité des régimes autoritaires qui ont pu régner sur cette région. On comprend très bien le message qui était lancé au prolétariat. Le passé de cette ville est lourd. Tout est tellement frais dans la mémoire collective, c’est délicat. L’horreur véhiculée par les nazis est encore beaucoup trop récente…

La démolition du mur de Berlin annonce clairement une nouvelle ère, un nouveau souffle pour les habitants. Une grande cicatrice marque toutefois le territoire, physiquement et psychologiquement. On sent que tout n’est pas réglé. C’est comme si le conflit social avait pris une autre tournure. Le capitalisme a repris le rôle autoritaire en imposant son activité déloyale et ses construction rigides, à l’image des grandes industries. Le pouvoir de ces grandes sociétés anéanti tout espoir de réussite des petites entreprises locales. Une soif de profit règne toujours, au détriment de toute forme de qualité de vie. Same shit, different day.

Après quelques jours, nous commencions à étouffer dans cette  ville parsemée de monuments et de mémoriaux à l’effigie des horreurs du passé. Nous avons cherché à découvrir la ville autrement, à sortir des quartiers qu’on cherche à nous mettre sous le nez. C’est la meilleure idée que nous avons pu avoir considérant que c’est à ce moment que Berlin s’est révélé. Nous avons enfin rencontré les humains qui y résident ou plutôt l’expression qui les anime. Nous avons découvert ce désir, tout ce qu’il a de plus humain, de véhiculer un message; l’art, pure et dure. Une forme de rage contre l’oppression, un éveil collectif. C’est par l’art qu’on peut ressentir cette âme qui appartient à Berlin, cette vie, qui donne tout son aspect humain à la ville et qui s’exprime avec ardeur. On sent une soif de changement et un désir de renouveau. Les murs sont tapissés de chefs d’oeuvres provenant de la rue qui donnent à l’architecture sévère une façade humaine. C’est très puissant et je dirais, surtout, nécessaire. Il est bon de ressentir aussi fortement la présence de l’humain.

Berlin, j’ai déjà hâte de te retrouver.

Berlin - reconciliationBerlin - crossBerlin - come inBerlin - falling leavesBerlin - Oscar NiemeyerBerlin - see troughBerlin - Gropius, BauhausBerlin - FosterBerlin - Carlton & blueBerlin - Quality neighbourhoodBerlin - AshBerlin - Welcome to Berlin

Barcelona

Barcelona - sagrada familiaLa capitale de la Catalogne, Barcelone. Il s’agit de notre première visite en Espagne. En sortant du bus, après sept heures de route, le climat nous a tout de suite réconfortés. Même pas besoin de l’unique paire de pantalons que nous avions apporté. Enfin, un peu de chaleur.

Première destination : la Sagrada Familia d’Antoni Gaudi. Quel héritage! Un chef d’œuvre, toujours inachevée. Son histoire entamée, inscrite dans les livres avant même qu’elle soit complétée fait de ce projet une pièce culturelle à caractère unique. Au-delà de la mise en œuvre d’une basilique, une identité s’est façonnée. En espérant qu’au fil des années, les Barcelonais lui accorderont une place publique digne de ce nom. J’avoue que c’était un peu décevant de voir cette sculpture aussi importante reposer sur une simple parcelle carrée ceinturée de routes… Donnez-lui un peu d’air, laissez-la respirer quand même!

Sinon, tout le lègue de Gaudi est sublime. On dirait que ce virtuose travaillait avec de la pâte à modeler. C’est comme si les conventions n’avaient jamais existé et qu’il s’était donné le droit de les -ré- inventer. Il a offert une souplesse à des matériaux tels que la pierre, créé des textures tout en couleur par l’assemblage de mosaïques récupérées et façonné des espaces de vie rassembleurs pour les familles barcelonaises… On ne peut le nier, Antoni Gaudi était un grand maitre de son art.

Barcelone ne se limite toutefois pas à ce patrimoine. Elle possède bien d’autres richesses qui font d’elle une des plus grandes villes de ce monde. De grandes figures de l’architecture contemporaine ont pu y laisser leur signature, misant sur l’histoire de la capitale Catalogne comme catalyseur conceptuel. Dans certains projets, on peut très bien deviner la réinterprétation des mosaïques de Gaudi. De façon générale, on constate une quête de l’ombre et des espaces frais. La hauteur accrue des bâtiments, l’intégration judicieuse de brise-soleil et l’importante quantité d’espaces verts répondent généralement assez bien à ce besoin de protection.

C’est très familial comme ville. En tout cas, c’est ce que les espaces publics laissent pressentir. Ils sont beaucoup moins ordonnés qu’en France, mais semblent s’adresser à tous. On peut pratiquement traverser la ville à pied en naviguant seulement dans ces lieux destinés aux piétons. C’est plutôt agréable, ça donne le gout d’utiliser ses deux jambes. Il est facile d’interagir avec les espaces collectifs sans craindre de rompre une symétrie ou de salir quoi que ce soit. Des zones de jeux pour enfants sont systématiquement intégrées aux parcs et aux promenades piétonnes. Tout âge peut y trouver son confort.

On y mange bien dans cette région Espagnole, et pour pas cher! Nous avons légèrement abusé des pintxos -se prononce pinchos- ; ces petites bouchées de paradis qui coutent 1 euro l’unité. Les tapas et la paella ont également bien charmé nos papilles gustatives. Ça fait du bien de manger autre chose que du pain. Et, évidemment, la bière à un euro. Il y avait de quoi veiller tard. D’ailleurs, les soirées semblent se prolonger jusqu’aux petites heures du matin dans cette région plutôt festive. On ne l’a pas vraiment testé. Après avoir accordé autant d’heures à la dérive, c’est notre lit qui nous appelait.

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Rimini

bikePour conclure notre séjour improvisé en Italie : Rimini. Pourquoi cette ville? Parce que nous avions envie de découvrir comment se lie la mer à l’Italie. C’est un peu décevant de voir que ça ressemble à la plage d’Oka. Nous nous sommes probablement rendus du mauvais côté de la botte, ou trop au nord. Enfin, disons que ce n’était pas la plus grande qualité naturelle qu’avait à nous offrir ce pays.

Malgré la plage, Rimini est un coup de cœur. Ce n’est pas son architecture flamboyante ni ses places publiques à couper le souffle qui la distinguent, mais plutôt son activité locale foisonnante. On se sent en Italie. Pour une fois, nous n’étions pas trois touristes parmi des milliers, mais plutôt trois étrangers. Nous pouvions enfin gouter au quotidien italien. La dolce vita.

Le centre historique de cette petite ville de l’est reste toutefois très séduisant. On peut très bien ressentir les vestiges des fortifications qui protégeaient autrefois les citoyens. Ils se caractérisent, entre autres, par de grandes portes de pierre qui ont été conservées en périphérie afin d’introduire les arrivants. La trame de la ville, pour sa part, s’inspire du plan romain. Elle est concentrée sur deux axes principaux qu’on arrive à traverser très rapidement. Le rythme est lent et rend la marche plus conviviale. Personne n’est pressé. Les rues débordent de vélos tandis que le niveau sonore reste très bas grâce à l’absence de véhicules. Les bâtiments au crépi teinté de couleurs pastels offrent une belle diversité scénographique. Bref, cette petite ville sans prétention a su nous charmer.reflectioncolorsliving doorpeoplemarketbike2

Firenze

Firenze - Duomo

Florence, Florence, Florence. Nous y sommes restés seulement 2 jours; le temps d’user un peu nos souliers. Il s’agissait de notre première expérience d’auberge jeunesse. On ne pourra désormais plus s’en lasser. Les réceptionnistes sont toujours prêts à nous recommander les meilleurs endroits à visiter tandis que les autres voyageurs nous ouvrent les yeux sur leur culture et leurs origines. C’est extrêmement riche pour un endroit si peu coûteux.

Les pieds dans la rue, la première chose à laquelle nous avons gouté: les marchés de cuir. En somme, c’est exactement comme un marché aux puces, mais à la place des objets douteux, on retrouve une infinité de pièces de cuir transformées en objets de tous genres. Les petits kiosques bondés de produits sont insérés entre quelques chefs-d’œuvre architecturaux de la renaissance. La tentation d’acheter était trop forte, nous y avons succombé. Appelons ça un bon investissement à long terme.

Enfin, cette ville est plus sobre que Milan. Elle nous paraissait plus authentique, plus modeste. Son identité est claire. Elle se caractérise par de bonnes limites bien définies et apprivoisées. Ses ponts enjambent habilement la rivière Arno tandis que les forts dénivelés topographiques qui la bordent offrent des panoramas sublimes aux visiteurs. Profitant d’autant de qualités naturelles, Florence a de quoi faire bien des jaloux. Non seulement elle bénéficie de conditions géographiques et climatiques idéales, mais elle en tire extrêmement bien profit.

Le bâti qui compose Florence est dense. L’architecture qui ceinture les rues étroites revêtues de pavé est d’une hauteur moyenne de quatre étages. De façon générale, les trois étages du haut sont plus sobres et recouverts d’un crépi teinté de couleurs chaudes. Le langage distinctif qui correspond au rez-de-chaussée s’adresse, pour sa part, aux marcheurs. Cet étage inférieur est généralement revêtu de pierre et marqué par une hauteur plus importante. En journée, l’activité qui anime les bâtiments déborde dans les rues. Les commerces foisonnent tandis que les restaurants s’approprient le pavage. Les différents parfums nous enivrent tandis que nous parcourons les rues. L’invitation à manger est lancée, nous l’acceptons volontiers.

De tous les points de vue, la cathédrale Santa Maria Del Fiore fait ressentir sa présence. Elle est l’identité de cette ville. Elle se positionne en plein coeur du centre historique et se dévoile sous différentes percées visuelles à travers la ville. Son dôme déborde dans le paysage construit. De loin, cet élément signalétique est un très bon point de repère pour les visiteurs qui approchent la ville. On peut difficilement s’y perdre. De près, c’est la plus belle construction que j’ai eu la chance de voir dans ma vie. La précision des détails est à couper le souffle. Plus on y prête attention, plus on découvre la finesse de cette composition architecturale. Les statues semblent vivantes. C’est comme si des humains s’étaient cristallisés dans un moment intense d’expression. Rien n’est laissé au hasard. Une présence supérieure se fait grandement ressentir. J’en ai eu des frissons. C’est incroyable ce que la main de l’artisan a su façonner…

Florence - ville et eau ponctuation2ombre et lumiereterrasse florence - duomo detailsFlorence la nuit