Rimini

bikePour conclure notre séjour improvisé en Italie : Rimini. Pourquoi cette ville? Parce que nous avions envie de découvrir comment se lie la mer à l’Italie. C’est un peu décevant de voir que ça ressemble à la plage d’Oka. Nous nous sommes probablement rendus du mauvais côté de la botte, ou trop au nord. Enfin, disons que ce n’était pas la plus grande qualité naturelle qu’avait à nous offrir ce pays.

Malgré la plage, Rimini est un coup de cœur. Ce n’est pas son architecture flamboyante ni ses places publiques à couper le souffle qui la distinguent, mais plutôt son activité locale foisonnante. On se sent en Italie. Pour une fois, nous n’étions pas trois touristes parmi des milliers, mais plutôt trois étrangers. Nous pouvions enfin gouter au quotidien italien. La dolce vita.

Le centre historique de cette petite ville de l’est reste toutefois très séduisant. On peut très bien ressentir les vestiges des fortifications qui protégeaient autrefois les citoyens. Ils se caractérisent, entre autres, par de grandes portes de pierre qui ont été conservées en périphérie afin d’introduire les arrivants. La trame de la ville, pour sa part, s’inspire du plan romain. Elle est concentrée sur deux axes principaux qu’on arrive à traverser très rapidement. Le rythme est lent et rend la marche plus conviviale. Personne n’est pressé. Les rues débordent de vélos tandis que le niveau sonore reste très bas grâce à l’absence de véhicules. Les bâtiments au crépi teinté de couleurs pastels offrent une belle diversité scénographique. Bref, cette petite ville sans prétention a su nous charmer.reflectioncolorsliving doorpeoplemarketbike2

San Gimignano et Monteriggioni

Percee2San Gimignano et Monteriggioni sont deux petites villes fortifiées datant du moyen âge. Leur charme réside dans leur authenticité. On les parcourt très rapidement puisqu’elles sont contenues dans l’enceinte de leurs murs. L’uniformité des matériaux qui compose le paysage construit de ces villes est superbe. La maçonnerie aux couleurs terre englobe la totalité des façades en plus d’offrir aux marcheurs un revêtement de sol tout en relief. Les couleurs qui donnent vie aux cités proviennent de la façon dont les gens s’approprient les lieux. Les vêtements suspendus à leur corde à linge s’animent selon les poussées que leur offre le vent, les fleurs colorées parfument ponctuellement les passages qui structurent les villes tandis que le mobilier déposé à proximité des rez-de-chaussée laisse deviner différents types d’activités et d’échanges.

Construites en hauteur pour des raisons défensives, ces villes profitent de quelques superbes percées sur les paysages lointains. Ces derniers se lisent tel une succession de couches territoriales partant des plus apprivoisées vers les plus farouches.
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Siena

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Sienne, une autre ville fortifiée. Elle est toutefois très différente. Sa place dans l’histoire est plus importante, son rôle était plus grand. Nous n’y sommes pas restés très longtemps, malheureusement. Ça aurait été bien d’analyser plus en profondeur les multiples couches qui composent son tissu ou d’interpréter les typologies de bâtiments qui témoignent de son histoire mouvementée. Son implantation en relief nous offrait toutefois un bel aperçu de l’activité qui peut s’y loger.

Au centre de la ville: la Piazza del Campo. Cette place publique si parfaitement composée. Une merveille. Sa forme incurvée reprend celle d’un amphithéâtre pour permettre la création de plusieurs types d’événements. Elle se caractérise par plusieurs espaces judicieusement délimités. Tout est si bien pensé: la façon dont les commerces et les restaurants occupent la périphérie de l’espace, la densité des bâtiments qui ceinturent le vide, les transitions dans la matérialité du sol qui délimitent différents espaces, les bollards de béton qui ponctuent et protègent l’espace central, la douce pente au niveau du pavage qui permet aux visiteurs de s’y reposer, la Torre del Mangia qui impose sa présence du haut de ces cent mètres…

trois epoquesPiazza del campohistoire raconteeportailstatueTorre del Mangia

Firenze

Firenze - Duomo

Florence, Florence, Florence. Nous y sommes restés seulement 2 jours; le temps d’user un peu nos souliers. Il s’agissait de notre première expérience d’auberge jeunesse. On ne pourra désormais plus s’en lasser. Les réceptionnistes sont toujours prêts à nous recommander les meilleurs endroits à visiter tandis que les autres voyageurs nous ouvrent les yeux sur leur culture et leurs origines. C’est extrêmement riche pour un endroit si peu coûteux.

Les pieds dans la rue, la première chose à laquelle nous avons gouté: les marchés de cuir. En somme, c’est exactement comme un marché aux puces, mais à la place des objets douteux, on retrouve une infinité de pièces de cuir transformées en objets de tous genres. Les petits kiosques bondés de produits sont insérés entre quelques chefs-d’œuvre architecturaux de la renaissance. La tentation d’acheter était trop forte, nous y avons succombé. Appelons ça un bon investissement à long terme.

Enfin, cette ville est plus sobre que Milan. Elle nous paraissait plus authentique, plus modeste. Son identité est claire. Elle se caractérise par de bonnes limites bien définies et apprivoisées. Ses ponts enjambent habilement la rivière Arno tandis que les forts dénivelés topographiques qui la bordent offrent des panoramas sublimes aux visiteurs. Profitant d’autant de qualités naturelles, Florence a de quoi faire bien des jaloux. Non seulement elle bénéficie de conditions géographiques et climatiques idéales, mais elle en tire extrêmement bien profit.

Le bâti qui compose Florence est dense. L’architecture qui ceinture les rues étroites revêtues de pavé est d’une hauteur moyenne de quatre étages. De façon générale, les trois étages du haut sont plus sobres et recouverts d’un crépi teinté de couleurs chaudes. Le langage distinctif qui correspond au rez-de-chaussée s’adresse, pour sa part, aux marcheurs. Cet étage inférieur est généralement revêtu de pierre et marqué par une hauteur plus importante. En journée, l’activité qui anime les bâtiments déborde dans les rues. Les commerces foisonnent tandis que les restaurants s’approprient le pavage. Les différents parfums nous enivrent tandis que nous parcourons les rues. L’invitation à manger est lancée, nous l’acceptons volontiers.

De tous les points de vue, la cathédrale Santa Maria Del Fiore fait ressentir sa présence. Elle est l’identité de cette ville. Elle se positionne en plein coeur du centre historique et se dévoile sous différentes percées visuelles à travers la ville. Son dôme déborde dans le paysage construit. De loin, cet élément signalétique est un très bon point de repère pour les visiteurs qui approchent la ville. On peut difficilement s’y perdre. De près, c’est la plus belle construction que j’ai eu la chance de voir dans ma vie. La précision des détails est à couper le souffle. Plus on y prête attention, plus on découvre la finesse de cette composition architecturale. Les statues semblent vivantes. C’est comme si des humains s’étaient cristallisés dans un moment intense d’expression. Rien n’est laissé au hasard. Une présence supérieure se fait grandement ressentir. J’en ai eu des frissons. C’est incroyable ce que la main de l’artisan a su façonner…

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Expo Milano

ItaliaL’exposition universelle est à voir (ou plutôt à vivre). La thématique de cette année: Nourrir la planète, Énergie pour la vie. Chaque pays tente de se surpasser au meilleur de ses capacités par le biais d’un pavillon architectural qui vise à mettre de l’avant la vision nationale en ce qui concerne la thématique annoncée. Certains y arrivent mieux que d’autres. D’ailleurs, j’ai longtemps cherché le pavillon du Canada, en vain. Ça ne devait pas faire partie des priorités de notre cher Stephen ou bien la thématique ne lui plaisait pas. Probablement trop « vert » comme enjeu…

Enfin, on choisit les pavillons en raison de la première impression qu’ils nous font. Il s’agit d’un jeu plutôt simple et très efficace. La texture nous interpelle, on a envie de la toucher et de la voir de plus près? On y va. La forme est intrigante et nous laisse perplexes quant à ce qu’elle renferme? On y va. L’expérience vécue dans le bâtiment nous semble déstabilisante et fait appel à notre curiosité d’architectes? On y va!
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Milano

Galeries

Après quelques petites péripéties de dernières minutes à Venise, nous quittons pour Milan. Quatre heures de train et nous y sommes. La gare est magnifique, bel accueil. L’impression que nous font les environs n’est toutefois pas du même calibre. Ça nous semble un peu froid et peu invitant. Les constructions qui entourent la gare sont très simplistes et manquent d’amour. Il est près de 23:00 et nous n’avons toujours pas d’hôtel, pas d’accès à internet et pas de carte pour nous situer. Trois petites brebis égarées. Il commence à se faire tard. Nous arrêtons donc dans le premier hôtel que nous croisons. Un peu dispendieux, mais ça passera pour cette fois.

Le lendemain, dès les premières heures, nous cherchons à profiter de Milan. Nous quittons l’hôtel, à pied, à la recherche du centre historique. Découvrir les principaux attraits de cette ville italienne est notre seul objectif. Lorsque cette beauté commence à se dévoiler, elle ne cesse plus de nous impressionner. Tout est d’une propreté irréprochable. Nous marchons sur différents tapis de pavage tandis que les paysages bâtis agrémentés par différentes séries d’arcatures nous en mettent plein la vue. La maçonnerie aux dimensions généreuses qui compose les façades donne aux bâtiments un caractère très noble. L’architecture est traitée par couches. On les lit clairement, c’est très ordonné. Les rez-de-chaussée profitent d’un traitement unique, plus détaillé qui offre aux marcheurs une expérience de qualité. On passe parfois sous des voûtes aux dimensions impressionnantes qui captent la lumière avec brio pour créer des ambiances tout à fait uniques. De belles niches pour les restaurateurs.

Le tissu urbain de cette ville est très bien composé. Les places publiques se succèdent à intervalle régulier. Les gens en profitent pleinement à toute heure de la journée. Le bâti est très dense, mais on ne le perçoit pas négativement. La lumière du soleil trouve son chemin jusqu’aux trottoirs malgré la hauteur des bâtiments. Les lignes de tramway sont multiples et desservent la majorité du centre-ville tandis que le métro prend le relais pour les plus longues distances. Beaucoup de piétons, beaucoup de vélos. C’est agréable de ressentir l’humain d’aussi près. C’est vivant.

Enfin, le centre historique. La Piazza del Duomo, cet endroit vaste et majestueux qui s’adresse à quelqu’un ou quelque chose de supérieur. La quantité de détails qui compose ce lieu est tout simplement incroyable. La cathédrale qui s’élève avec prestance vers les cieux en imposant sa présence, le parvis ceinturé de commerces qui desservent à merveille l’espace central, le monument équestre qui ponctue parfaitement le parvis, les galeries couvertes Vittorio Emanuele II qui sont à couper le souffle. Tout simplement magnifique. Un délice pour les yeux. Dire que tout ça a été façonné par la main de l’homme à une époque où la machine n’existait pas. Quand on voit des endroits pareils, on regrette grandement l’industrialisation.

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Venezia

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Il était 7:00 lorsque nous avons mis les pieds à Venise. La ville sommeillait toujours. Ça tombe bien, c’est dans cet état qu’elle est la plus sublime. Nous y avons gouté pleinement en matinée, tandis que les commerces étalaient leurs kiosques sur la place publique. Une tranquillité comme j’en avait rarement vu, ça fait du bien de ne pas entendre de voitures.

L’histoire de cette ville se lit très bien dans son architecture. On comprend son vécu tandis qu’on devine les sous-couches qui se dévoilent dans ses façades. La richesse des textures et des détails qui composent la scénographie de ses lieux alimentent assidûment le regard. Cet endroit est humain. On le sent, on le vit. Les ponts, arqués afin de permettre le passage des gondoles, se succèdent tandis que les interstices étroits et sinueux s’arriment aux canaux pour composer le tissu de la cité. Des places publiques ponctuent immanquablement le réseau viaire. On a envie de s’y perdre, puis, on s’y retrouve.

La relation que Venise entretient avec l’eau est unique, voire même vitale. C’est ce qui lui a permis de se tenir loin des bagnoles. Les canaux traversent la ville de fond en comble tandis que les bâtiments qui les bordent semblent en avoir émergé au fil des années. Les déplacements se font en bateaux, même l’autobus flotte parmi les gondoles. C’est pittoresque, digne des plus beaux films de romance. À voir absolument.

Enfin, cette ville parfaite d’Italie est victime de son propre succès. Pas plus tard qu’aux alentours de la dixième heure de la journée, elle est inondée de visiteurs. Il devient difficile d’y circuler aisément, le niveau de décibels augmente subitement tandis que plusieurs dialectes s’entrechoquent sur les vieilles parois de maçonnerie. Tous les commerces semblent voués à tirer profit de ces étrangers en quête de souvenirs. La ville perd son sens, le tourisme la détruit, ça devient étouffant. C’est dommage, mais je dirais qu’une journée, c’était assez, pour l’instant.

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